Sunday, 10 July 2016

Paris en novembre

Impressions de Paris en novembre

La nuit tombe 
Les lampadaires s'allument
Les pas se hâtent et résonnent 
Sur le bitume des trottoirs mouillés 
Promenant les chiens du quartier 
Autour des arbres grillagés 
Les volets des rez-de-chaussée se ferment
Aux autres étages les rideaux sont tirés 
Les femmes rentrent des courses avec leur cabas
Les enfants reviennent avec le pain dans les bras
Les dernières feuilles s'écrasent sur le sol
Les voitures tournent autour cherchant à se garer
Coups de Klaxons indignés 
Qui couvrent les jurons de rigueur
Le vent rabat le crachin ,
Les feux des voitures balaient les rues,
Tout est gris, tout brille
Le brouillard monte
La magie du non visible s'étale 
Le monde perd de sa définition
Même le bruit des voitures est amorti
Les passants frissonnent , 
Tendent leur volonté de rentrer
Secouent leurs parapluie
Les chiens s'ébrouent et éclaboussent leurs maîtres 
Des bonsoirs réticents s'échangent 
En attendant l'ascenseur 
Une fois les portes ouvertes
Les locataires s'engouffrent
Le silence retombe morne 
Après l'heure de pointe
Le crachin imperturbable continue 
Sur les baies la buée s'insinue 
Frimaire s'installe.

Octobre 2004
Lucette C. Bailliet
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